On m’a encore demandé aujourd’hui si je pouvais faire de bonnes divinations. Ce que je réponds avec une certaine fréquence c’est un truc comme : "connaître le futur ne veut pas dire que nous ayons été éliminés des équations qui structurent son émergence."
24 août 2016 23:19:3
Dire que tout le monde est sur la plage en train de lire le dernier livre de Marc Augé (Un ethnologue à Matignon) et que je suis là avec cette lumière blafarde, ce gargouillis continu du ventilateur, ces circuits amorphes, atones et asociaux. Je vais faire une dépression !
Je poursuis, comme de juste, avec un morceau soigneusement choisi pour vous faire méditer :
Dans trente ans nous aurons les technologies nécessaires pour créer des intelligences super-humaines. Très rapidement, après cet événement, l’ère humaine sera terminée.
Vernor Vinge, The Technological Singularity (1993)
Jusqu’ici tout va (presque) bien…. mais c’est précisément après ce message que les choses sérieuses commencent !
chroniquer le changement climatique
Le climat, c’est principalement l’occasion pour beaucoup de personnages de se poser en sauveurs – ou en sauveteurs. Voyons ce qu’il faut sauver – même si c’est un peu toujours les mêmes formules !
sauvegarde de la planète :
" La sauvegarde de la planète conditionne ma vie : où je suis, où je dors.
« Jon Palais : Gandhi écolo », AFP, 23 août 2016
sauver l’espèce :
Enfin, bonne nouvelle, pour toutes celles et ceux qui, comme moi-même s’attachent malgré tout à cette grosse bébête (nul ne guérit de son enfance), il n’est absolument pas en voie d’extinction ! Sa population augmente même nettement ! Donc, point n’est besoin de sauver l’espèce ! Zut alors, je prive d’un coup nos pleurnicheurs professionnels d’une si noble cause ! A l’origine, une icônerie.
« Heureux comme un ours blanc », Agoravox, 22 août 2016
Tiens, je teste la formule créée lors du séminaire socioinformatique du 14 décembre 2015. Ce qui donne ça :
Le problème technologique est un faux problème :
« Le problème technologique est un faux problème » Quels sont les freins qui restent à lever ? Sont-ils technologiques ? Financiers ? Selon moi, le problème technologique est un faux problème : avec l’existant on peut déjà faire beaucoup.
« Climat : comment inciter les entreprises à transformer leurs engagements en actes ? », Novethic, 22 août 2016
On m’a collé un script de vérification sur les climatosceptiques. En apparence, pas de trace directe ce coup-ci. La bataille s’est déplacée sur les ressorts du capitalisme face à l’anthropocène !
Le sens de cette proposition a quelque chose du muge.
J’en ignore la cause profonde, mais j’ai envie de finir par quelques énumérations…
acier, fer, ciment, verre :
Il lui sera difficile d’accroître la part des énergies décarbonées et bas carbone, ces ressources étant limitées, tout en répondant aux besoins de la société.Et n’oublions pas les régions en plein essor du centre et de l’ouest du pays, où la demande de produits à forte intensité énergétique – acier, fer, ciment, verre – augmentera vraisemblablement dans les années à venir.
« Le combat climatique de la Chine », OCDE, 23 août 2016
Barbade, Bélize, Cameroun, Corée du Sud :
Cependant, seuls 22 pays, dont 15 dès l’ouverture officielle à la signature, parmi lesquels des micro Etats insulaires menacés par la montée des océans, l’ont effectivement ratifié : Barbade, Bélize, Cameroun, Corée du Sud, Fidji, Grenade, Guyane, Maldives, Iles Marshall, Ile Maurice, Nauru, Norvège, Palau, Pérou, Samoa, Seychelles, Somalie, Saint Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et Grenadines, Etat de Palestine, Tuvalu.
« Climat : France et Maroc veulent hâter l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris », Actu Environnement, 22 août 2016
L’avenir de planète ? Je ne suis pas voyant homme de bon sens… C’est difficile de lire dans le futur quand il n’est pas engagé explicitement ! Mais j’ai ceci :
« L’oeuvre de George Orwell fait écho à notre besoin d’éclairer l’avenir, d’indiquer des caps, d’avoir une vision large et longue. Face à l’urgence de la crise, la dictature de l’immédiateté est en train d’écraser toute réflexion profonde et stratégique. Celle-ci se fait notamment dans les universités, mais ces dernières sont coupées du grand public et des acteurs politiques. La littérature est un moyen efficace de porter cette réflexion longue sur la place publique et de mobiliser les opinions. Dans 1984, Orwell avait prédit que le monde serait divisé en trois gigantesques empires Océania, Estasia et Eurasia, qui se feraient la guerre en permanence pour dominer la planète. Aujourd’hui, les Etats-Unis, l’Europe occidentale et la Chine se disputent le pouvoir mondial. Mais un quatrième concurrent décidé et intelligent émerge et progresse de manière spectaculaire. Il s’agit du totalitarisme islamique. » (Boualem Sansal, septembre 2015)

